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Ceux qui me connaissent parlent de moi avec assurance. Ils disent que je suis heureuse, que ma vie est accomplie, que mes rêves ont trouvé leur place. Ils décident que mon sourire est une preuve, ils considèrent mes paroles comme une confirmation. À leurs yeux, je vis dans un luxe de vie, dans une sorte de paradis, comme une femme comblée de bonheur à qui il ne manque rien.

Ils ne cessent de répéter que je suis forte, têtue… impossible à plier, que rien ne peut vraiment me briser et que personne ne pourrait m’imposer sa volonté. Ils continuent de se poser la question : de quoi rêve-t-elle encore ? Pourquoi désire-t-elle autre chose ? Elle a déjà tout.

Ils ont cru me connaître… me comprendre. Mais ce qu’ils voient n’est qu’une façade.

À l’intérieur, je suis l’inverse de cette image tranquille. Il y a une lutte silencieuse que personne n’entend : une fatigue qui ne se dit pas, une blessure qui ne cherche plus à être expliquée. Elle vit en moi, elle respire avec moi, elle m’étouffe même quand je souris.

Il y a des nuits où le silence devient lourd. Des moments où je me regarde et je ne reconnais pas la femme que tout le monde admire. Des instants où je voudrais déposer cette force qu’on me prête, juste quelques secondes… et ne plus être celle qui tient toujours.

Je parais stable devant eux, mais je tremble en secret. Je peux rassurer le monde, alors que moi-même j’ai besoin d’être rassurée. Je donne l’impression d’être heureuse, mais en vérité je me sens parfois étrangère à ma propre vie.

Je ne manque pas de force, je manque de paix.

Ma blessure, je la porte en silence… que Dieu m’aide. Certaines douleurs ne se montrent pas. Elles s’enracinent, elles façonnent le regard, elles creusent le sourire. Elles deviennent une partie de nous, une ombre discrète qui nous accompagne partout.

Parfois le sourire n’est pas un mensonge, c’est une manière de rester digne. Une manière de continuer à marcher quand l’intérieur vacille. Une manière de survivre sans exposer sa plaie… parce qu’on apprend à vivre avec ce qui nous a brisées. Et si je souris encore aujourd’hui, ce n’est pas que je ne souffre pas… c’est que j’ai appris à souffrir debout.

Nadia B.

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